5 questions à Serge LE PINVIDIC
Attractivité du territoire et services à la population
Dans un contexte économique plus difficile pour nombre de collectivités, les recettes de Morlaix Communauté sont à la hausse. Disposant de nouveaux moyens, Morlaix Communauté renforce ses actions dans les secteurs du tourisme, de la culture et du patrimoine, des transports et de l’habitat, secteurs liés à l’attractivité du territoire et aux services à la population. Explications de Serge Le Pinvidic, conseiller délégué aux finances de Morlaix Communauté.
Quels sont les points notables du budget 2009 ?
Nos dépenses vont augmenter cette année de près de 15%. Les transports sont les premiers utilisateurs de ces nouveaux moyens. Achat de nouveaux bus, mise en accessibilité des bus aux personnes handicapées, construction d’abribus, hausse des coûts de fonctionnement de service : la collectivité fait un effort de financement de plus de 1 million d’euros pour ne pas répercuter ces coûts sur le prix du ticket, qui va rester stable. Idem avec l’espace aquatique : environ 500.000 € sont alloués cette année à son fonctionnement, de façon à ce que le coût de l’entrée reste bas. Près de 300.000 € supplémentaires vont au tourisme : la Maison du Tourisme prendra en charge l’accueil et l’information des touristes sur presque toutes les communes du territoire, et mènera de nouvelles actions de promotion. Avec également 300.000 € supplémentaires, la culture voit quasiment doubler son budget. Pourquoi ? Parce que le Patio va mener une nouvelle action auprès des petites écoles musicales communales, de façon à proposer au maximum d’enfants l’accès à un enseignement musical de qualité, avec solfège, pratique instrumentale individuelle et collective. Parce que le Festival des Arts de la Rue (le FAR) s’étend cet été sur le territoire, au-delà de la seule ville de Morlaix. Et parce que la subvention au Théâtre double, passant à 80.000 €.
Quid des autres secteurs ?
300.000 € supplémentaires sont encore affectés au désenvasage du port de Morlaix et à la démarche littoral. Le budget alloué à la collecte et au traitement des déchets augmente de 3%, une augmentation normale qui suit l’augmentation régulière du coût de collecte et d’incinération des déchets. Enfin, le budget dépenses prend en compte les OPAH (Opérations Programmées d’Amélioration de l’Habitat) menées sur 2008-2013. Ce sont tous ces secteurs qui bénéficient le plus de la hausse des dépenses communautaires, en fonctionnement.
Comment se fait-il que Morlaix Communauté bénéficie de 2,4 millions d’euros de recettes supplémentaires cette année ?
On peut se permettre ces dépenses cette année parce que nos recettes de fonctionnement ont en effet augmenté de plus de 8%. Pourtant, la Dotation Globale de Fonctionnement, versée par l’Etat, a baissé cette année pour la première fois, et de 3%, du fait de la volonté gouvernementale de faire participer les collectivités à la réduction de la dette publique. Mais les ressources liées à la Taxe Professionnelle ont augmenté de 18 %. Deux raisons à cela : la hausse du taux de TP à 13,39 % (il était de 12% l’an dernier) et l’augmentation de la capacité contributive des entreprises assujetties à cette taxe, ce qui est un indicateur positif pour notre économie locale. La Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères nous apporte aussi davantage cette année (+ 3,82%), bien que son taux soit resté inchangé : d’une part parce que la loi de finances 2009 a revalorisé de 2,50% le montant de ses bases de calcul, d’autre part parce que le nombre de foyers a augmenté sur le territoire.
Quels sont les nouveaux investissements prévus cette année ?
Après deux années de forts investissements, on pouvait s’attendre à une pause en 2009. Mais non, les dépenses d’équipement dépassent 14,5 millions d’euros. Environ 3,5 millions d’euros vont au développement économique (immobilier d’entreprises, notamment un second laboratoire de biotechnologie à la pépinière, acquisitions foncières, travaux de sécurisation du site de l’aéroport…). L’acquisition de la maison Pénanault, à Morlaix, pour y installer après travaux la Maison du Tourisme, est aussi un gros investissement (1,2 million d’euros). Un garage de réparation, avec aires de lavage va être construit pour l’entretien courant des camions de collecte (1 million d’euros). Il faut acheter des terrains pour stocker à terre les sédiments du port, restaurer les écluses (1 million d’euros). Des subventions d’équipement sont affectés aux communes (580.000 €). Il faut régler le solde des travaux du centre aquatique et du centre international de séjour (927.000 €). Je ne vous cite là que les postes les plus importants ! Il faut ajouter à cela des acquisitions foncières, des études, des travaux, des achats de matériel, pour le futur pôle gare, le logement social, le port du Diben, les déchets verts, etc.
Comment sont financés ces investissements ?
En majeure partie par l’autofinancement (6,7 millions d’euros), par des subventions européennes, nationales, régionales, départementales (1,5 million d’euros) et des produits divers. Un recours à l’emprunt est prévu, mais ne sera probablement pas nécessaire, du fait de l’étalement prévisible de tous ces travaux.